Au coeur de l’écologie industrielle

Avec la révolution industrielle du XVIIIème siècle et l'avènement des machines à vapeur, l’humanité est entrée dans une exploitation intensive des énergies fossiles. Mais la négligence des contraintes environnementales dans les processus de production nous ont conduits à remettre en cause le système industriel traditionnel où chaque opération de transformation consomme des matières premières et produit des déchets.

Pourquoi s’intéresser à l’écologie industrielle ?

L’écologie industrielle tente d’imiter les lois de la nature caractérisées par les cycles fermés de ses écosystèmes (biologiques, chimiques et physiques). Selon Franck-Dominique Vivien, elle s’emploie à trouver “des principes et des modèles applicables à la gestion des entreprises et aux processus de production en s’inspirant de l’étude des écosystèmes”.

Car, là où les firmes industrielles traditionnelles transforment des matières premières et de l’énergie fossile en produits finis et en déchets, l’écologie industrielle essaie, quant à elle, de reproduire le fonctionnement écosystémique de la planète tout en réservant à l’homme un rôle déterminant.

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À travers cette analogie avec un écosystème naturel, le système industriel se fixe quatre grands objectifs :

  • la valorisation systématique des déchets : à l’image des chaînes alimentaires observables dans le monde naturel, il s’agit de créer des réseaux d’utilisation des ressources et des déchets dans les processus industriels, de sorte que tout résidu devienne une ressource pour une autre entreprise ou un autre agent économique
  • la minimisation des pertes par dissipation : il s’agit de concevoir de nouveaux produits et services réduisant les sources de pollution lors de leur utilisation et consommation.
  • la dématérialisation de l’économie grâce à des progrès techniques qui permettent d’obtenir plus de services avec une quantité moindre de matière et le recours à l’économie de la fonctionnalité (vendre l’usage au lieu de l’objet).
  • la décarbonisation de l’énergie : le carbone d’origine fossile (charbon, pétrole, gaz) est à la source de l’intensification de l’effet de serre, smog, pluies acides, marées noires, etc. Il s’agit donc de rendre la consommation de ces ressources périssables moins dommageable (par exemple en récupérant le CO2 issu de la combustion) et favoriser la transition énergétique vers des économies d’énergie et le recours aux énergies renouvelables.

Qu’est-ce que l’écologie industrielle ?

Il peut apparaître dans un premier temps que l’écologie et l’industrie soient deux notions complètement antagonistes. D’un côté, l’écologie renvoie à l’idée d’une nature préservée loin des centres urbains, alors que de l’autre, l’industrie nous évoque l’activité humaine exploitant les ressources naturelles. De plus, comment le concept de l’écologie industrielle peut-il exister, alors même que l’industrie est la première cause de pollution mondiale ?

Selon Robert Frosch (1995), l’écologie industrielle est “l’ensemble des pratiques destinées à réduire la pollution industrielle”.

Cette notion est apparue en 1989, dans un numéro spécial de la revue “Scientific American” consacrée à la “gestion de la planète Terre”. Dans un article intitulé “Des stratégies industrielles viables”, Robert Frosch et Nicholas Gallopoulos, deux responsables de la Recherche chez General Motors, développent l’idée selon laquelle il devient nécessaire de recycler les biens usagés, d’économiser les ressources et de rechercher des matières premières de substitution.

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Pour cela, un ensemble d’opérations de rationalisation de la production doit être mené :

  • optimisation des consommations énergétiques et matérielles,
  • minimisation des déchets à la source,
  • réutilisation des rejets pour servir de matières premières à d’autres processus de production,

L’écologie industrielle est un concept interdisciplinaire produisant une vision globale et systémique des interactions entre la société industrielle et la biosphère. Elle se base principalement sur le métabolisme industriel (analyse des flux de matières, bilans matière-énergie, matrice input-output, analyse du cycle de vie, etc.) et les lois énergétiques (physique).

Elle constitue également un mode d’organisation inter-entreprises animé par des échanges de flux et une mutualisation des besoins. Elle propose ainsi une approche collective et systémique qui va à l’encontre des schémas traditionnels (agents économiques individualistes et logique concurrentielle). Elle peut en cela être reliée à une véritable stratégie de développement territorial durable et contribuer à créer des synergies entre la sphère privée et la sphère publique.

Écologie industrielle et développement durable

Suren Erkman (1998) a matérialisé l’idée de l’écologie industrielle en ces termes évocateurs “mettre en pratique le développement durable dans une société hyper-industrielle”.

En s’appuyant sur les sciences de l’ingénieur, les sciences de la terre (thermodynamique et biologie), les sciences sociales, économiques et juridiques, l’écologie industrielle est en quelque sorte devenue une “discipline scientifique” à part entière (avec ses propres lois et son propre langage).

L’entreprise qui la met en oeuvre apparaît alors comme un vecteur du développement durable, car cette démarche s’inscrit dans une logique de convergence de ses trois piliers : économique, social et environnemental.

Par ailleurs, les principes de l’écologie industrielle offrent des outils indispensables aux acteurs économiques et responsables politiques concernés par :

  • une gestion optimale des ressources et du territoire,
  • et la planification d’un “développement socio-économique viable”.

Elle permet non seulement de préserver les ressources existantes, mais également de détecter des ressources sous utilisées (ou non utilisées) pouvant améliorer nos méthodes de production et générer de nouvelles activités.

Ainsi, selon Nicholas Georgescù-Roegen, la prise en compte des générations futures dans les processus de décision doit se traduire par la mise en place d’un “programme bioéconomique minimal”, afin d’inscrire l’entreprise industrielle dans la montée des valeurs sociétales et de l’éthique.

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Les enjeux de l’écologie dans l’industrie

 

Nous vivons sur une planète où les activités économiques de l’humanité dépendent des ressources et des systèmes naturels dont nous disposons. Autrement dit, le “monde fini” qu’est le notre ne peut pas poursuivre indéfiniment les activités qui nuisent à son écosystème global.

Accumulation des déchets, pollution générée par le progrès technique, raréfaction des ressources naturelles, etc… l’écologie industrielle répond à ces enjeux planétaires en mettant en oeuvre des procédés industriels innovants à la fois optimisés et respectueux de l’environnement, tels que :

  • la transformation des dérivés du pétrole en matériaux polymères,
  • la transformation du minerai de fer en acier,
  • le raffinage des métaux de la famille du platine,
  • l’utilisation de coproduits, de déchets ou de matières secondaires comme le laitier de haut-fourneau dans la production de ciment écologique,

Au-delà de ces spécificités, l’écologie industrielle doit relever cinq défis majeurs :

  • la valorisation des déchets : passer des “bads” aux “goods” en (ré)intégrant un maximum de déchets dans les processus industriels.
  • le bouclage des cycles de production en minimisant les rejets tout au long du cycle de vie des matières et produits.
  • la dématérialisation des produits : accroître la productivité des ressources et sortir de leur dépendance.

la décarbonisation de l’énergie : évoluer vers un système industriel moins dépendant des énergies fossiles.

Intervenir sur tous les secteurs

L’épuisement des ressources naturelles (matières premières) contraste sans appel avec l’augmentation inexorable des déchets. C’est à partir de ce constat simple que l’écologie industrielle favorise la transition du système industriel actuel vers un système viable, durable et inspiré par le fonctionnement des écosystèmes naturels.

Cette “nouvelle discipline scientifique” se différencie, tout en intégrant, certaines filières de gestion de l’environnement plus spécifiques, comme :

  • le recyclage,
  • la dépollution,
  • l’efficacité énergétique,
  • ou les technologies propres…

En effet, c’est par une démarche globale du système industriel qui combine les approches sectorielles et transversales que cette dernière doit être comprise et mise en oeuvre.

C’est aussi cette démarche qui motive les constructeurs immobiliers dans une démarche d’éco-construction

vision transversale et écosystème

Elle suppose également la mobilisation de disciplines très diverses, tels que :

  • l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) des produits et matières, pour étudier tous les composants du système industriel en fonction de leurs relations avec l’environnement.
  • l’informatique, c’est-à-dire la gestion et l’exploitation des données relatives à la totalité des flux et des stocks :
    • de matière,
    • d’énergie
    • et d’informations liés aux activités humaines,

afin de créer des systèmes informatiques susceptibles d’apporter des solutions au management des sociétés industrielles.

  • la logistique, qui permet de gérer les flux physiques et les données s’y rapportant afin de mettre à disposition les ressources en fonction des besoins (plus ou moins) déterminés.
  • la physique chimie, car si l’écologie industrielle renvoie à une notion d’écosystème où l’homme conserve un rôle dominant, cette dernière n’échappe cependant pas aux lois énergétiques et chimiques du monde physique.

Définition du management environnemental

L’écologie industrielle permet aux industriels de répondre à la pression exercée par la réglementation, la concurrence et les consommateurs qui cherchent à intégrer de plus en plus les sujets environnementaux dans leurs considérations.

Le management environnemental désigne l’ensemble des méthodes de gestion d’une organisation visant à prendre en compte l’impact écologique de ses activités, pour l’évaluer et le réduire.

Appliqué à l’écologie industrielle, le management environnemental peut par exemple s’illustrer à travers :

  • l’intégration des services,
  • les politiques intégrées de développement,
  • les parcs éco-industriels,
  • les “biocénoses industrielles”,
  • certaines nouvelles formes de partenariat dont le potentiel se joue à l’échelle de l’organisation des filières ou du groupement des industries.

Ainsi, l’écologie industrielle ne serait plus à proprement parler une “nouvelle discipline scientifique”, mais plus exactement une nouvelle pratique de management environnemental.

 

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